Impact of tourism on dolphins – The Changing Oceans Expedition [EN]

Published by Darron Toy on


20 mars 2011 23°33’N 35°53’E Après avoir traversé le canal de Suez, Fleur de Passion a rejoint le soleil de la Mer Rouge où l’expédition Changing Oceans effectuera la majorité de ses missions en 2011 Au grand bonheur de l’équipage, nous sommes accueillis par un groupe de dauphins joueurs flirtant avec l’étrave de notre voilier Six à huit espèces de dauphins sont représentés en Mer Rouge mais c’est surtout le dauphin à long bec que nous rencontrons le plus souvent Malgré leur popularité, peu de données ont encore été récoltées sur leur nombre,leur distribution et leurs habitudes Chaque année, les dauphins constituent une attraction majeure pour les tourismes de la Mer Rouge. Au large d’Hurghada, sur certains sites de repos, de reproduction et d’éducation pour une centaine de dauphins, on pouvait parfois compter jusqu’à 30 bateaux et plusieurs centaines de touristes, atteignant ainsi une situation insupportable. Nous partons à la rencontre des dauphins avec Michael qui les étudie depuis longtemps Il a pu constaté que le tourisme, et notamment les excursions pour observer les dauphins avait un impact important sur leurs habitudes et leur vie sociale. Beaucoup d’agences de tourisme ont commencé à vendre des voyages pour observer les dauphins. Depuis, le comportement des dauphins a changé. Les récifs où ils passent la journée sont des zones d’eau peu profondes où ils viennent s’y reposer. Si les bateaux les suivent tout le temps en surface, les dauphins commencent à devenir nerveux. Ils se déplacent beaucoup plus, ils ne jouent plus comme ils le faisaient avant. Il est donc très difficile d’observer un comportement naturel. Nous devons prendre soin des dauphins. D’autres études dans le monde le montrent la présence des bateaux diminue le temps de repos des dauphins. Il n’est pas nécessaire de fermer toute la zone où ils se trouvent parce que lorsqu’ils sont d’humeur à interagir avec les plongeurs ou les nageurs, ce n’est pas un problème. Le problème, c’est que les bateaux les suivent tout le temps. La surfréquentation des lieux de repos et de reproduction des dauphins ne constitue malheureusement pas la seule menace pesant sur ces animaux. Les delphinariums sont un commerce lucratif et parfois certains vont même jusqu’à stocker les dauphins dans leur propre piscine en attendant l’achevement de la construction d’un delphinarium. Il y a plusieurs raisons qui nous permettent de dire que les dauphins doivent être dans la nature et non dans des piscines En effet, les conditions de vie particulières dans une piscine eau chlorée, activité limitée et nourriture à base de poissons morts uniquement provoquent un stress à la fois physiologique et psychologique sur les dauphins. Dans la nature, les dauphins sont libres, ils se socialisent, ils créent de nouveaux groupes. Ce sont bien sûr de petits groupes, mais ils créent des amitiés qui peuvent même demeurer pour toujours et pour toute la vie. En piscine, ils sont tout le temps avec le même groupe, avec les mêmes individus. Ils ne peuvent pas choisir avec qui ils veulent être. La communication est un autre problème. Les dauphins utilisent l’écholocation, un son de très haute fréquence qui leur permet de repérer leurs proies. En piscine, ils ne peuvent plus l’utiliser. Pour l’Egypte, les dauphins sont une ressource précieuse pour l’économie du pays. Le Prof. Hanafy, chef scientifique d’HEPCA, une ONG locale, s’est intéressé à l’importance et à la valeur de ces spécimens sur les apports financiers du pays. Les ressources vivantes sont plus précieuses que n’importe quelles autres ressources non-vivantes. Si nous estimons la valeur d’un dauphin à Samadai par exemple, d’un seul dauphin, en terme de revenu direct – à savoir combien d’argent rapporte ce dauphin sur une année aux agences de tourisme pour que les visiteurs puissent aller le voir un dauphin à Samadai rapporte environ 91’000$ chaque année. Sachant qu’un dauphin vit en moyenne 25 ans, sa valeur est simplement énorme! Si la plupart des espèces de dauphins ne sont encore pas menacées aujourd’hui en Mer Rouge elles peuvent l’être rapidement si des solutions ne sont pas envisagées pour les protéger Le premier pas dans cette direction est de mieux comprendre les dauphins en récoltant des données sur leur habitudes et leurs localisations. Le “dolphin watch natural underwater science project” a pour objectif de contrôler la taille des populations de grands dauphins indo-pacifiques dans la région d’Hurghada Nous analysons leur comportement afin d’en savoir plus sur leur structure sociale les individus qu’ils côtoient et leur structure familiale Nous analysons également les zones qu’ils fréquentent, leurs habitats, où les dauphins se reposent, comment ils se déplacent, afin que nous puissions créer des zones pour les protéger. A Samadai, par exemple, un récif très fréquenté des dauphins des mesures immédiates ont été prises par le gouvernement et HEPCA, en mettant en place différentes zones pour protéger la population de dauphins indigènes. A Samadai, il s’agit probablement du premier exemple de réussite de gestion durable de zone protégée pour les dauphins, qui puisse à la fois assurer la santé de la population et en même temps satisfaire tous les besoins de l’industrie touristique. La zone A est le lagon intérieur où les dauphins passent la plupart du temps Personne ne peut y aller à moins d’avoir une autorisation spéciale. La zone suivante est appelée la zone B et est réservée aux plongeurs et nageurs uniquement. Ensuite, nous avons la zone C, qui est à l’extérieure et où les bateaux sont autorisés à mouiller. Les dauphins ont ainsi un endroit plus tranquille où ils peuvent décider de rester dans la zone A sans que personne ne les dérange, mais ils peuvent aussi se déplacer librement dans les zones s’ils ont envie d’interagir. Lorsqu’il s’agit de la mer, nous ne sommes que des visiteurs. Une interaction doit être établi par les dauphins et non par nous. Une participation directe du public est indispensable pour rendre les initiatives de préservation et de protection vraiment effectives L’objectif étant de faire prendre conscience, notamment aux nombreux touristes qu’ils doivent apprécier la vie sauvage et accepter que leur accès y soit parfois limité plutôt que de céder à la tentation de tout voir à n’importe quel prix que ce soit en milieu sauvage ou en delphinarium.


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